Production porcine
Application de stratégies alimentaires afin de réduire le niveau de glycogène dans le muscle et d'améliorer la qualité de la viande de porc (1617-PO-306)
- Période: 2016-01-01
Informations complémentaires
Communications et publications
S. Conte, C. Pomar, D Paiano,Y. Duan, P. Zhang, J. Lévesque, F. Guay, M. Ellis, N. Devillers, and L. Faucitano. 2017. The effect of feeding a high-fiber and -fat diet on pig meat quality. Journal of Animal Science, vol. 95, suppl. 4, p. 183-184.
Présentation du projet
Objectif du projet
Évaluer les effets d'une alimentation riche en gras et faible en hydrate de carbone digestible en fin d'engraissement sur les réserves musculaires de glycogène, le comportement animal et la qualité de la viande de porc.
Résumé
Une acidification et exsudation élevée de la viande de porc peut être expliquée par des réserves musculaires en glycogène pré-abattage trop élevées. Une teneur élevée de glycogène dans le muscle entraîne après l’abattage une plus grande accumulation de lactate, ce qui résulte en une plus forte acidification (diminution du pH), une couleur pâle et une plus grande exsudation de la viande. Le taux de glycogène musculaire avant l’abattage est donc un facteur qui a un impact sur la qualité de la viande de porc. L’application de stratégies alimentaires en fin d’engraissement pour réduire la teneur en glycogène musculaire à l’abattage est considérée comme une méthode pour améliorer la qualité de la viande de porc. L’objectif de cette étude était d’évaluer les effets de l’alimentation des porcs avec des rations riches en gras et en glucides peu digestibles à la fin de la période de finition (29 derniers jours) sur la qualité de la viande. Quatre traitements alimentaires ont été appliqués : 1) un aliment témoin (C : 67,2 % de maïs, 15,5 % de tourteau de soja et 15,0 % de blé), 2) une ration riche en matières grasses et en fibres (HFF : 38,0 % de maïs, 17,9 % de tourteau de soja, 15 % de blé, 20,0 % d’écale d’avoine et 6,9 % de gras), 3) un mélange 50-50 % des rations C et HFF (MIX), et 4) une ration C pendant onze jours et une ration HFF ensuite pour onze jours après une période de transition alimentaire de sept jours (C/HFF) (Tableau 1). Au total, 160 porcs (119,2 ± 6,2 kg), pondérés par sexe (castrats et femelles), ont été élevés à l’Unité de recherche porcine du CRSAD dans 20 parcs de 8 porcs chacun (5 parcs par traitement). Les performances zootechniques des porcs ont été évaluées en cours d’expérimentation et à la fin de la période de finition, les porcs étaient mis à jeun pendant 16 à 19 h avant l’abattage. Des mesures comportementales (fréquence d’interventions du manipulateur, fréquence de revirements, de chutes, de glissements, de refus d’avancer et de vocalisations et durée de chargement) ont été enregistrées lors du chargement à la ferme (par groupe de 4 porcs). Lors de l’exsanguination, le sang des porcs a été prélevé afin de mesurer les teneurs en lactate dans le sang entier et en créatine kinase dans le sérum. Une fois abattu, le poids chaud de la carcasse a été enregistré et le pH des muscles longissimus (LM) et semi-membraneux (SM) était mesuré 1 h et 24 h post-mortem dans les muscles LM, SM et adducteur. La couleur (Minolta L*, a* and b*) des muscles LM et SM et la perte en eau ont également été évalués 24 h post-abattage. Afin d’évaluer les réserves de glycogène musculaire, des échantillons de muscle du LM et SM ont été prélevés de sorte à mesurer les effets des traitements sur le potentiel glycolytique. Aucun effet significatif des traitements appliqués n’a été observé sur l’ensemble des données recueillies, ce qui démontre l’inefficacité des traitements à améliorer la qualité de la viande dans ces conditions expérimentales. Les faibles valeurs de lactate sanguin (6,2 mmol / L [5,8-6,7 mmol / L]) indiquent que le stress imposé aux porcs n’aurait peut-être pas été suffisamment élevé pour entraîner une variation de la qualité de la viande.
Applications attendues
Des investigation supplémentaires sont requises afin de préciser davantage la durée d’application des traitements, les quantités de gras et d’hydrates de carbone digestibles à inclure aux aliments des porcs et vérifier l’application de ces stratégies dans un contexte où le stress imposé aux porcs serait suffisamment élevé.