Évaluation d'alternatives alimentaires en remplacement du plasma sanguin dans les aliments pour porcelets (14-PO-254)


 

Informations complémentaires

47e Journée de recherche porcine:

<link http: www.journees-recherche-porcine.com texte alimentation ap15.pdf>www.journees-recherche-porcine.com/texte/2016/alimentation/ap15.pdf

<link http: www.journees-recherche-porcine.com texte poster alimentation>www.journees-recherche-porcine.com/texte/2016/poster/alimentation/15_janie_levesque.pdf

 

Présentation du projet

À l'âge de 21 jours, 308 castrats commerciaux issus de verrats Duroc et de truies YYLL sont entrés le même jour à l'Unité de recherche porcine du CRSAD. Quatre traitements alimentaires ont été appliqués en période de pouponnière, soit de 5,6 jusqu'à 12,0 kg de poids vif (phases I et II) alors que durant la 3e phase de pouponnière (12,0 à 23,9 kg), un aliment commun était offert aux animaux. Un suivi des performances en engraissement a ensuite été effectué jusqu'à 28 jours avant l'abattage final i.e. jusqu'au poids vif moyen de 106,7 kg ± 9,1. Les ingrédients suivants ont été incorporés à la ration des porcelets: A) Témoin avec 5% plasma sanguin porcin en phase I B) Concentré de soya hydrolysé (21,7 et 0,78% en phase I et II) C) Poudre d'œuf et hydrolysat de poisson (5 et 2% en phase I et II selon un ration 65:35) D) Cultures de levure (3,5 et 2,5% en phase I et II). Les additifs suivants ont également été incorporés dans les aliments des traitements B, C et D: une source de butyrate aux taux de 1 kg/T en phase I. Les aliments isoprotéique et isoénergétique étaient composés principalement de perméat de lactosérum, blé, maïs, tourteau de soya et contenaient tous des quantités variables de concentré de soya hydrolysé. Tous les aliments des phases I et II contenaient un acidifiant, de hauts niveaux de zinc (2500-2000 ppm) et de vitamine E (85 UI/kg) ainsi que des antibiotiques. Des quantités fixes des aliments des phases I et II ont été servies aux porcelets. De 5,6 à 8,0 kg de poids, la vitesse d'ingestion des porcelets recevant du plasma sanguin d'origine porcine (témoin) a été plus rapide que celle des traitements contenant différentes alternatives. La consommation journalière a été supérieure de 36,3 g/j en moyenne pour le groupe témoin par rapport à celle des trois autres traitements (P<0,0001) ce qui a, par la même occasion, amélioré le GMQ de ces porcelets de 51,6 g/j en moyenne (P=0,001). En phase II (8,0 à 12,0 kg), la consommation des porcelets ingérant les différentes alternatives de remplacement a été plus élevée (P=0,003) que celle des témoins. Le retrait du plasma sanguin de l'aliment de phase II a fait chuter la consommation des animaux témoins ainsi que leur GMQ (diminution de 52,5 et 58,7 g/j par rapport aux traitements B et C). En fin de pouponnière (56 j âge), des tendances numériques non négligeables sont apparues. Les porcelets du traitement B ont terminé la période de pouponnière  avec un certain arriérage numérique de -0,86 et -0,92 kg de poids par rapport au groupe de porcelets des traitements A et C (P=0,12); leur GMQ en pouponnière ayant tendance à être inférieur à celui des porcelets des traitements A et C (P=0,09). D'ailleurs, la teneur en haptoglobine sérique, un indicateur de la réponse inflammatoire, était plus élevée chez les porcelets ayant consommé de grande proportions de protéine de soya (traitement B) (P=0,009). Outre cet effet, le coût d'alimentation par kg de gain est moins onéreux de 0,08 $/kg pour ces porcelets par rapport à celui des traitements C et D (P=0,05). Quant aux animaux du traitement C, ceux-ci se comportent en terme de performances comme ceux du groupe témoin et cette tendance se poursuit jusqu'en fin d'engraissement. Quoique la réponse en terme de performances des animaux du traitement D a été plutôt intermédiaire en pouponnière entre celle des animaux du traitement B et celle des groupes A et C, les porcs ont eu tendance à terminer la période d'engraissement avec un poids final plus léger (-3,72 kg) que celui des animaux du traitement C (P=0,09). La tendance statistique démontre toutefois que leur poids final est égal à celui des porcs témoins et de ceux du traitement B (P-0,09). Vingt-neuf pourcent des porcs traités par médication en engraissement étaient issus du traitement D et parmi les mortalités en engraissement, 3 porcs sur 4 provenaient de ce traitement. Selon le contexte dans lequel cette étude a été menée, on peut dire qu'il est possible d'obtenir de bonne performances zootechniques chez le porcelet en remplaçant le plasma sanguin de l'aliment par d'autres substituts alimentaires. Le régime à base de poudre d'œuf (Isonova), d'hydrolysat de poisson (CPSP Special G), d'une source de butyrate (Proformix 650) et d'un arôme & édulcorant (Cristal Feed fruity) a été celui qui a démontré la réponse la plus proche de celle des animaux ayant consommé une ration contenant du plasma sanguin.