Porc

Développement d'une plate-forme de fermentation in vitro et évaluation de l'ajout de silica+ dans l'alimentation du porcelet sur le profil de fermentation (15-PO-284) (2017)
Production viande de porc
Auteurs faisant partie de notre centre de recherche
Résumé
Objectif du projet

Développer une plateforme de fermentation in vitro qui permettra l'étude du microbiote et de ses altérations en réponse à différentes molécules provenant de l'industrie agroalimentaire et/ou pharmaceutique, tel le Silica+. Plus précisément, les objectifs spécifiques sont de mettre au point des procédures de récolte, de traitement de culture in vitro des échantillons d'inoculum à partir de fèces de porcs ayant ingérés du Silica+, mettre au point une méthode d'analyse des gaz totaux produits au cours du processus de fermentation et finalement, mettre au point une technique de quantification de Lactobacillus spp. et Bifidobacterium spp. par qPCR en temps réel.

L'utilisation des antibiotiques dans les élevages intensifs de porc et de poulet est pratique courante afin de prévenir les infections et favoriser la croissance des animaux. Cette surutilisation est maintenant associée à l'augmentation de la résistance des bactéries à ces antibiotiques. Les consommateurs et les agences réglementaires sont de plus en plus sensibles à cette problématique de santé publique. Cependant, réduire l'utilisation d'antibiotiques, voire la bannir, n'est pas chose si facile, Cela impose des changements importants dans les pratiques d'élevage et peut avoir des impacts économiques importants sur des industries déjà fragilisées par plusieurs facteurs. Parmi les stratégies proposées pour remplacer l'utilisation des antibiotiques, l'emploi de suppléments alimentaires comme des prébiotiques est suggéré. Ces suppléments peuvent, entre autres, agir sur la flore microbienne, appelée microbiote. On reconnaît de plus en plus l'importance du microbiote intestinal pour sa participation aux fonction digestives et physiologiques. Plusieurs entreprises développent de tels suppléments qui pourraient avoir un impact sur le microbiote intestinal. Par contre, avant d'entreprendre des études onéreuses chez les animaux d'élevage, ces dernières désirent valider leurs produits dans des systèmes simples et plus abordables. Ce projet a permis à l'équipe de TransBIOTech de mettre en place une plateforme de fermentation in vitro reproduisant quelques caractéristiques du microbiote intestinal du porc. En utilisant des fèces d'animaux comme inoculum et un dispositif d'incubation en condition anaérobie, il a été possible d'établir les conditions optimales de culture. Le projet a également permis de mettre au point des outils de mesure de la production des gaz, d'énumération de certains groupes bactériens associés au microbiote intestinal et de détermination du contenu en acides gras à courtes chaînes des produits de la fermentation. Cette plateforme a été utilisée lors d'une étude effectuée en collaboration avec Ceresco Nutrition et le CRSAD. Cette étude visait à démontrer les effets d'un supplément alimentaire sur le microbiote de porcelets sevrés. Les résultats obtenus lors de cette étude offrent certaines pistes qui expliqueraient les bénéfices observés sur le gain de productivité chez les animaux ayant reçu le supplément. Ce système pourra également être utilisé pour mettre en lumière la production de métabolites bioactifs suite à la consommation d'aliments ou de médicaments et donc, intéresser les industries agroalimentaires, nutraceutiques et pharmaceutiques. Ce projet a des répercussions importantes pour le centre de transfert, car il a permis à son équipe de développer une expertise dans la fermentation en condition anaérobie et de la quantification de bactéries lactiques. Le projet aura également des répercussions au niveau de l'enseignement puisque le professeur impliqué dans le projet pourra partager son expérience de recherche avec ses collègues du Département de biologie et biotechnologies et ainsi enrichir l'enseignement auprès des étudiants du programme de "Technique de laboratoire". Finalement, le projet a également permis à une étudiante finissante de ce programme de parfaire ses habiletés techniques lors d'un stage.

Retombées attendues

L'industrie porcine cherche à réduire ses coûts de production afin d'augmenter sa rentabilité. Or, nourrir les porcs coûte cher. En fait, au Canada, l'industrie porcine consacre 70% de ses coûts de production à l'alimentation des animaux. Cependant, près du quart des aliments servis sont pratiquement gaspillés, puisque les animaux ne possèdent pas les enzymes leur permettant de les digérer. Ainsi, tout produit qui permet d'améliorer significativement l'indice de consommation et donc d'accroître la marge de profit des producteurs, telle que la silice activée, est intéressant. De plus, l'atteinte d'une productivité optimale doit tenir compte d'un développement durable, d'une réduction de l'utilisation des antibiotiques ainsi que de la qualité de la viande. Ceci sans compter que la portion non digestible des aliments consommés est responsable en partie des odeurs dans les élevages suite à la décomposition par la flore intestinale des divers nutriments non assimilée par l'animal. Finalement, les aliments non digérés rejetés dans les dalots sont également une grande source d'azote qui a un impact majeurs sur la production d'ammoniac et d'odeurs dans les bâtiments.







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